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On peut faire remonter l’origine d’une Fraternelle d’agents belges aux années de guerre à Londres. Elle s’explique par le besoin d’offrir à la communauté des agents un espace de convivialité où se poser pour s’acclimater, se conforter, voire se former dans une ambiance fraternelle.

L’idée semble avoir été le fait du fondateur du réseau Luc, arrivé en Angleterre en 1942, à savoir Georges Leclercq, fonctionnaire du ministère de la Justice, mutilé de la Première guerre mondiale, dont le fils était tombé durant la campagne des dix-huit jours. Avec deux adjoints, l’avocat André Cauvin et le commandant Henri Bernard, il avait étendu les mailles de son service à travers toute la Belgique. Une liaison directe avec Londres avait été assurée grâce à un poste émetteur-récepteur amené par les agents parachutistes Jean Cassart et Henri Verhaegen. Le réseau ayant été infiltré, Leclercq, Cauvin et Bernard s’étaient évadés vers la Grande-Bretagne au début de 1942.

À Londres, Leclercq prend contact avec l’épouse d’un compagnon en résistance, Madame Charlotte de Samblanx. Fort de son expérience et encouragé par cette dame, qui va l’y aider puissamment, il décide de créer un home pour jeunes belges en formation, récemment arrivés en Angleterre et destinés le cas échéant à des opérations de renseignement. Il semble bien que certains aient pratiqué le morse dans le cadre du home et y aient pris des leçons d’anglais.

Après le bombardement d’un premier home, à Kilburn, à quelque 5 km au nord-ouest de Buckingham Palace, un nouveau home est créé à Surbiton, bien plus au sud, à proximité de Hampton Court.

En 1943, G. Leclercq décède, mais son œuvre va rester. Ainsi, la guerre finie, un certain nombre d’agents décident de se revoir régulièrement afin de trouver ensemble leurs repères dans le cadre de la reconstruction morale et matérielle du pays, de se soutenir mutuellement et d’entretenir la mémoire de leurs compagnons disparus.

A partir du 4 mai 1946, cette fraternelle s’établit à la Maison des ailes, rue Montoyer.

Puis, le 25 mars 1949, le ‘comité de direction’, présidé par A.Marissal et composé de G.Joakim, A.Limborg, A.Pennincks, O.Fabri, G.Lovinfosse, A.Hautain, A. de Winiwarter et J.de Blommaert décide d’accepter l’offre du baron Paul de Launoit de mettre à la disposition de la fraternelle une maison située square Riga, n°12 à Schaerbeek. Le club, appelé Special forces club sera ouvert non seulement aux membres de la Fraternelle mais aussi à ceux de l’Amicale des parachutistes SAS pour autant qu’ils s’inscrivent comme membres adhérents de la Fraternelle.

Ce home a hébergé l’association durant un certain temps, non sans quelques problèmes. Ainsi, les nombreux banquets qui y avaient lieu ont pu parfois gâcher la tranquillité des riverains. Mais il semble qu’il y eut pire : une anecdote veut que des gendarmes venus les réprimander pour tapage nocturne furent ‘submergés’, après quoi, les uns et les autres, avec l’appui de renforts intervenus entre-temps, terminèrent la nuit en festoyant au bar du home. Soit !

Puis à partir de 1954, la Fraternelle s’établit au n°46, rue du Châtelain  à Ixelles. Les fêtes et réceptions de prestige furent nombreuses, réunissant notables, ambassadeurs, ministres… Le Roi Baudouin lui-même gratifia l’association d’une visite. 

La maison recevant également les SAS et les paracommandos, il fut décidé à une époque  (quand ?) de céder le bâtiment au régiment paracommando pour autant qu’il assume la gérance quotidienne ainsi que l’entretien du bâtiment. Un acte fut passé devant notaire avec la condition résolutoire que si ces militaires ne pouvaient poursuivre leur mission, le bâtiment retournerait ipso facto  à l’asbl Fraternelle  des Agents parachutistes. Or c’est ce qui arriva lorsque raisons politiques et coupures budgétaires interdirent la poursuite de la gestion par ce régiment, laissant ladite Fraternelle seule propriétaire.

Entre-temps, si la presque totalité des agents ont disparu, le flambeau a été repris par des descendants de ces derniers, qui s’attachent à entretenir la flamme du souvenir et à maintenir en vie ce lieu de mémoire parcouru par le souffle de l’Histoire.

C’est d’ailleurs un fils d’agent qui veille à la gestion journalière du bâtiment et à l’accueil des manifestations qui continuent à s’y dérouler : rencontres conviviales, conférences, accueils d’écoliers … tout cela dans l’esprit des valeurs conjointes de liberté et de devoir héritées des agents fondateurs.